Accord entre les membres de l'OPEP Les consommateurs payeront-ils plus cher à la pompe ?

Accord entre les membres de l'OPEP 
Les consommateurs payeront-ils plus cher à la pompe ? 

Les pays membres de l'OPEP ont créé la surprise hier en terminant leur réunion sur un accord limitant la production de pétrole au sein du cartel dès le 1er janvier prochain. Ils se sont accordés sur une baisse de 1,2 million de barils par jour.

Alors qu'elle ne fait pas partie de l'OPEP, la Russie a également accepté de suivre cette baisse de la production. Le ministre russe de l'Énergie Alexandre Novak ayant invité les compagnies pétrolières russes à participer à parts égales à la baisse de production.

Depuis les cours du brut ont gagné près de 10% pour repasser la barre des 50 $  et voir le cours du Brent atteindre à l'heure qu'il est les 53,75 $, soit son niveau le plus haut depuis un mois. 

Avec un euro qui peine toujours à remonter face au dollar, on peut donc s'attendre à une augmentation des prix à la pompe dans les jours qui viennent. Celle-ci devrait cependant rester modérée - environ une dizaine de centimes par litre de carburant - en raison du lissage opéré par les taxes.

Hausse durable ?

Rappelons que la production de l'OPEP ne compte que pour 30 % de la production mondiale et que si la Russie s'est engagée à limiter sa production de quelque 300.000 barils par jour, ce sera sur la base de son niveau record de ce mois de novembre qui  est de 11,2 millions de barils par jour. 

D'autre part, au sein même de l'OPEP, trois pays se voient exemptés de réduction : la Libye, le Nigéria et l'Iran, qui n'hésiteront vraisemblablement pas à augmenter leur production si leur situation politique le leur permet. L'Iran a même été autorisé à augmenter sa production de 90.000 barils par jour au cours du premier semestre 2017. Ce que sa rivale l'Arabie saoudite accepte dans l'unique espoir que le prix du baril reste au-dessus des 50$, ce qui lui permettrait de stabiliser sa propre situation économique. 

À l'échelle mondiale, les cartes ne semblent donc pas encore jouées et historiquement, les membres de l'OPEP n'ont jamais été très bons élèves pour tenir leurs engagements.

En outre, cette décision de l'OPEP fait déjà grincer des dents, car  elle pourrait entraver la reprise encore fragile en zone euro. Une hausse importante des prix du baril de brut aura immanquablement des répercussions sur la consommation et l'inflation.

Une flambée des prix à la pompe nous semble donc peu probable, mais sans doute faut-il rester prudents en regards des surprises que peut nous réserver l'actualité . 

Date de publication : 01/12/2016 16:58:00

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