Une voiture autonome n'est pas l'autre...

Une voiture autonome n'est pas l'autre...

Chaque jour, les utilisateurs montrent de plus en plus d'intérêt pour les véhicules autonomes. Et dans le sillage de cet engouement croissant surgissent des questions liées au fonctionnement et au degré d'autonomie de ces véhicules.

Les véhicules autonomes " actuels " ne le sont pas encore à proprement parler. Ils nécessitent toujours la présence d'un conducteur. Cependant, la voie vers les voitures entièrement autonomes est ouverte et celles-ci sont susceptibles de faire leur apparition d'ici 2020.

Nous n'en sommes aujourd'hui qu'à mi- chemin, un certain nombre de facteurs liés à la responsabilité et à la réglementation ralentissent le développement desdits véhicules autonomes. Cela n'a pas empêché l'association internationale des constructeurs automobiles, l'OICA, de diviser la génération actuelle et à venir de véhicules en six niveaux (de 0 à 5) selon leur degré d'autonomie. Celui-ci est déterminé par le partage de la responsabilité entre le conducteur et la voiture.

Les trois premiers niveaux ne contiennent aucune responsabilité pour le véhicule proprement dit, il s'agit seulement d'assistance lors de la conduite.

  • Niveau 0

Dans les véhicules de ce niveau, le conducteur doit globalement tout gérer. À tout moment, il garde le contrôle sur les fonctions essentielles de la voiture (les freins, la conduite...). Bien que dans ces véhicules, aucune fonction importante ne soit automatisée, le conducteur peut néanmoins faire appel à des systèmes d'aide à la conduite, tels que les capteurs de stationnement.

  • Niveau 1

Avec un véhicule de niveau 1, le conducteur peut, s'il le souhaite, déléguer une tâche à la voiture à condition qu'elle ait le contrôle sur une seule variable spatiale, longueur ou largeur. Lors de l'utilisation du cruise control, le véhicule prend en charge la variable longueur et laisse le conducteur gérer la position en largeur du véhicule.

  • Niveau 2

Avec une voiture de niveau 2, le conducteur a un rôle de superviseur. La fonction d'aide au stationnement est un bon exemple à ce niveau, car la voiture gère l'ensemble des paramètres afin d'effectuer les actions correctes pour parquer le véhicule. Le conducteur peut toutefois intervenir à tout moment. Il est à souligner ici qu'en cas d'accident, c'est le conducteur dans son rôle de superviseur et de contrôleur qui sera responsable. Notre système juridique actuel ne prévoit pas encore la possibilité de retourner la responsabilité d'un accident sur une machine ou un système, en l'occurrence une voiture.

  • Niveau 3

À partir de ce niveau, le conducteur peut laisser le contrôle des deux axes de conduites à la voiture - largeur et longueur. Il peut, durant un laps de temps court, porter son attention ailleurs. Si les circonstances l'exigent, il peut néanmoins reprendre immédiatement le contrôle. Garder la route à une vitesse appropriée dans un embouteillage est une fonction propre à ce niveau. Lorsque le véhicule quitte l'embouteillage, le conducteur doit immédiatement reprendre le contrôle. Il est important que la responsabilité dans les phases de conduite autonome revienne au système, soit à la voiture.

  • Niveau 4

À ce niveau, le véhicule peut prendre en charge l'ensemble de la conduite dans des situations spécifiques. Un bon exemple est la fonction " voiturier " : la voiture peut se parquer elle-même sans la présence du conducteur et revenir seule à l'emplacement où celui-ci en est sorti. Le conducteur conserve cependant le contrôle sur l'allumage ou l'arrêt du système.

  • Niveau 5

Le dernier niveau concerne les véhicules pour lesquels la présence de l'être humain, le conducteur, n'est plus indispensable à quelque moment que ce soit. Il doit juste communiquer sa destination et se laisser conduire. Les voitures de ce niveau sont néanmoins équipées d'un système d'urgence permettant au conducteur d'intervenir en cas de situation anormale ou potentiellement dangereuse. Si l'on en croit Google, leur voiture sera de niveau 5.

L'avenir semble prometteur. Cependant, à l'heure qu'il est nous sommes toujours aux prises avec de nombreuses questions concernant la responsabilité et la réglementation. Que se passe-t-il par exemple si un conducteur ne reprend pas immédiatement le contrôle d'un véhicule de niveau 3 ? Qui en détient la responsabilité en cas d'accident, le système ou le conducteur? Les discussions entre les fabricants, assureurs et automobilistes n'ont jusqu'à présent rien donné de concret et une législation claire à ce propos se fera vraisemblablement encore attendre. Il est vrai également que la réglementation actuelle interdit l'acquisition du contrôle total par le véhicule même et au regard de cette législation, les fabricants ne peuvent commercialiser de systèmes dépassant le niveau 3.

Cette classification de niveaux est valable uniquement en Europe, les États-Unis utilisant un système différent. Une harmonisation sera nécessaire.

De l'eau coulera encore sous les ponts avant que chacun d'entre nous puisse embarquer avec le sourire en route pour le travail ou pour une petite sortie dans une voiture autonome.

Date de publication : 26/09/2016 11:02:00

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